Signification mandala

Le centre du mandala

La construction d’un mandala repose entièrement sur son centre, d’où la symbolique de ce centre, image du Soi.

Définition du centre

Dans Psychologie et alchimie, édition Buchet Chastel, Jung écrit (page 290) : "le centre et sa circonférence représentent la totalité de l’être psychique, donc le soi"

Le Soi est un concept jungien présenté sur ce site dans un autre article. C’est notamment le tout, la réunion de l’inconscient et de la conscience, du Moi et du Ça en langage freudien. C’est l’intégralité de la psyché.

La constitution d’un centre

Pour Jung, le travail d’exploration de l’inconscient par la conscience, la découverte progressive par l’Homme de son âme (pour reprendre le titre de son livre le plus connu), s’appelle le processus d’individuation.

Or une autre façon de décrire ce travail intérieur consiste à le représenter : le Soi est un grand cercle, dans lequel est contenu le Moi. Le Soi a un centre, et au fur et à mesure de l’évolution de cet ensemble, le Moi doit retrouver ce centre. C’est un travail permanent, de rééquilibrage, de recentrage.

Ces quelques explications permettront de mieux comprendre les propos de Jung (page 77 de l’ouvrage déjà cité) : "Les symboles oniriques du processus d’individuation sont des images de nature archétypique qui apparaissent en songe et décrivent le processus de centrage, la constitution d’un nouveau centre de la personnalité."

Ce processus d’individuation, observé par Jung dans une suite de rêves, peut aussi passer par l’imagination active, par le rêve éveillé, mais donc par la réalisation de mandalas.

Jung, L’interprétation des rêves, Albin Michel, p.161

Quand un prêtre taoïste médite sur un mandala et concentre progressivement sa libido sur le centre, quelle est la signification du centre ? Le centre de la conscience, c’est le moi, mais le centre représenté dans le mandala n’est pas identique au moi. Il est en dehors de la conscience. C’est un autre centre. L’homme naïf le projette dans l’espace et aura tendance à dire qu’il est à l’extérieur, quelque part dans le monde. Le but de cet exercice est de déplacer le facteur-guide hors du moi, vers un centre qui est un non-moi, dans l’inconscient.

Et ceci est également le but général du processus analytique. Il ne s’agit pas là d’une invention de ma part. C’est quelque chose qui s’est révélé à moi, sous cette forme. Si j’avais vu cette image il y a dix ans, je n’aurais pas su ce qu’elle signifiait. Jusqu’à un certain point, le moi doit être le centre, le facteur-guide. Mais à partir de la deuxième moitié de notre vie il semble que la nécessité d’un autre centre s’impose à nous.

Le moi n’est que ce champ qui s’étend dans ma conscience, mais le système psychique entier est bien plus vaste, car il englobe aussi tout l’inconscient et nous ignorons jusqu’où il va. Pas plus que nous pouvons supposer que la Terre est au centre du système solaire, nous ne pouvons prétendre que le moi est au centre de la psyché. Si nous créons un centre en dehors de la conscience du moi, ce dernier pourrait se révéler comme un centre bien plus réel que le moi. Mais si nous persévérons dans cette direction mous partons vers un immense inconnu.


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